La connaissance à partir d'indices peut-elle fournir un modèle consistant pour interpréter, voire guider le travail en sciences humaines ? À partir de la conjonction à la fin du XIXe siècle entre la lecture des symptômes psychiques indirects chez Freud, de la technique d'attribution des oeuvres d'art à partir de détails inventée par Morelli et de la naissance du roman d'enquêtes policières, Carlo Ginzburg a suggéré que le «paradigme indiciaire» constituait un modèle des «sciences humaines» dont le procédé consiste à «inférer à partir des effets». Ce «paradigme» hériterait de la riche tradition de la sémiotique médicale et de la mantique, et aurait été en partie préservé par certaines disciplines partant de signes, trouvés ou suscités, pour parvenir, au moyen de leur «lecture», à la connaissance de leur «cause» : les symptômes du médecin, les indices de l'enquêteur, le détail pictural, l'écriture manuscrite, les traces relevées par le chasseur. Les études réunies ici interrogent la pertinence et les limites de la connaissance indiciaire depuis des perspectives croisées : philosophie, histoire, anthropologie, linguistique, histoire des sciences, préhistoire, médecine ancienne, philologie, sémantique, sémiotique, littérature.
Note au lecteur
Alain Lernould
Introduction
Jacques Boulogne
Sur le visage qui apparaît dans le disque de la Lune
ΠΕΡΙ ΤΟΥ ΕΜΦΑΙΝΟΜΕΝΟΥ ΠΡΟΣΩΠΟΥ ΤΩΙ ΚΥΚΛΩΙ ΤΗΣ ΣΕΛΗΝΗΣ
Études
Le visage des citations dans le cercle du dialogue
Jacques Boulogne
À propos du contenu astronomique des parties dialoguées du De facie de Plutarque
Joëlle Delattre
De la Lune et d'Hécate dans le mythe du De facie de Plutarque et dans le Néoplatonisme tardif
Alain Lernould
Bibliographie
Index des noms propres
Remerciements