L'ouvrage que voici est le fruit d'une réflexion collective menée par les membres du Centre de Recherches sur l'Angleterre des Tudors à la Régence entre 1981 et 1983. Même si, en vertu d'arrangements antérieurs, certaines des communications présentées à ce Séminaire n'ont pas été reproduites ici, même si, pour des raisons matérielles évidentes, il n'a pas été possible de rendre compte des discussions ayant suivi chaque communication, les responsables du Centre souhaitent que ce petit volume donne une idée de l'ampleur de cette interrogation collective, et de l'enthousiasme qui a animé auditeurs comme orateurs à l'occasion de chaque séance. A partir d'un corpus très ouvert comprenant romans et poèsies mais aussi essais et ouvrages didactiques - et même réalisations architecturales - cette recherche commune, envisagée dans une perspective diachronique étendue allant du XVIIe au XIXe siècles, se proposait d'analyser le discours littéraire et artistique en tant que prolongement naturel et le lieu du débat éthique. La nature polymorphe mais cohérente des concepts de déviance autant que de conformité à permis d'orienter la réflexion du Séminaire dans des directions à la fois diverses et convergentes: thématique de l'orthodoxie et du latitudinarisme en matière culturelle, éducative, idéologique et religieuse, composante sexuelle, bien sûr - mais aussi place de l'individu dans ses rapports avec l'environnement comme avec l'institution sociale et politique, sensibilité et marginalité, statut de l'oeuvre d'art et du produit littéraire, jusque dans leur aspect le plus matériel et le plus visuel. A l'intérieur de limites ainsi définies, sans jamais couper l'étude des oeuvres de l'exploration de leur contexte socio-culturel ni de l'univers mythologique et idéologique qui les entoure, et en les envisageant à la lumière d'une méthodologie pluraliste et interdisciplinaire, les auteurs espèrent avoir contribué à mettre en évidence les oscillations de l'art et de l'écriture, sollicités par les attractions contradictoires du normatif et de la transgression.
Introduction
Première partie
La Grande Peur ouvrière
Chapitre 1
La révélation de 1848
De la misère à la violence
La République et le travail
Le Nord en République
Les ateliers de travail du Nord
Le retour de la crise et la marche à l'Empire
Un embryon de syndicalisme
Chapitre 2
L'instabilité du travail
Le rail, moteur de l’industrialisation
Les mutations techniques et leurs effets sur le travail
Des crises à répétition
La justification patronale : du libre-échange à l’avarie « volontaire »
Chapitre 3
Les conséquences du sous-emploi
La misère dans tous ses états
La répression du « gibier de prison »
Un facteur criminogène
La bienfaisance privée, l’assurance ou l’assistance publique
Deuxième partie
Réactions et mobilisations ouvrières
Chapitre 4
De la machine à l’étranger : la recherche de coupables
Le double visage du machinisme
Xénophobie ou expression de la misère ?
Chapitre 5
Structuration et opposition du milieu ouvrier
La grève, un premier symptôme d’organisation
L’affirmation syndicale
Les stratégies syndicales face au sous-emploi
Vers la contractualisation
Chapitre 6
Premiers essais d’organisation des sans-travail
L’impulsion parisienne
Les traits spécifiques du Nord
Troisième partie
Un nouvel enjeu politique
Chapitre 7
La question du régime
Un empereur populaire
Un vote sous pressions
Une transition difficile vers la République
L’espérance boulangiste
Chapitre 8
Le travail dans l’argumentation électorale
Les socialistes et les sans-travail
Les tentatives nationalistes
Conclusion
Sources
Bibliographie
Index