La vulgarisation de la notion d'auteur de film, tant du côté de la réception que de la production, fait écran à une question que la critique, héritière zélée de la Politique des auteurs mise en œuvre par les Cahiers du cinéma de jadis, ne pose plus, celle des critères qui permettraient de distinguer, de même que l'on distingue les écrivains... Lire la suite
La vulgarisation de la notion d'auteur de film, tant du côté de la réception que de la production, fait écran à une question que la critique, héritière zélée de la Politique des auteurs mise en œuvre par les Cahiers du cinéma de jadis, ne pose plus, celle des critères qui permettraient de distinguer, de même que l'on distingue les écrivains des écrivants, les grands cinéastes des réalisateurs et des tâcherons. Ceci ne suffit pas à cela. Les critères d'appréciation étant devenus plus culturalistes qu’esthétiques, ou alors esthétisants, il n’est pas certains en bref que ceux que l’on présente comme des auteurs et les auteurs eux-mêmes soient de grands cinéastes. On ne prend guère en compte la façon dont le film fait sens au-delà de l’information, du discours, du message. Il ne suffit pas d’effets de sens, il faut que le spectateur soit mis en position de participer et même de construire du sens. Des classiques aux modernes, le cinéma a certes considérablement évolué : de nouveaux genres sont apparus, le cinéma documentaire a effectué des avancées et des mues essentielles, on n’est pas auteur aujourd’hui comme on l’était à l’époque des studios. Mais suffit-il d’être auteur ? Les critères sont plus que jamais nécessaires pour distinguer ceux des cinéastes qui sont, au même titre que les grands écrivains et artistes, des créateurs.
Dossier critique
Ravages et La Vieille Fille et le Mort de Violette Leduc
Études réunies par Michèle Hecquet et Paul Renard
Carlo Jansiti : Ravages : le roman et la vie, p. 5
Catherine Viollet : Thérèse et Isabelle : le dactylogramme, p. 9
Susan Marson : L'Écriture nocturne : les premières pages manuscrites de Ravages, p. 21
Patrice Bougon : Le visible et l'invisible dans Ravages. Cinématographie et photographie dans une fiction littéraire, p. 31
Françoise Armengaud : Violette Leduc : « la plus démesurément vraie » Entretien avec Michèle Causse, p. 47
Colette Trout Hall : Clarisse ou le goût de l'absolu, p. 55
Mireille Brioude : Une mise en scène de la solitude : étude des gestes de Clarisse dans La Vieille Fille et le Mort de Violette Leduc, p. 67
Romans 20/50
Thierry Ozwald : Les Lettres à un ami allemand ou la juste mesure de Camus, p. 77
Romans contemporains
Luc Rasson : Cerner la cassure : Le Crime des pères de Michel del Castillo, p. 93
Lectures étrangères
Anne-Rachel Hermetet : Adieux au référent : le peintre dans To the Lighthouse de Virginia Woolf et La Vie mode d'emploi de Georges Perec, p. 103
Etude de la nouvelle
Jean-Paul Dufiet : Novembre 1943, Le Songe de Vercors : la littérature et le camp de concentration nazi, p. 115