Il y a pléthore, ou alors embonpoint. Visions succédanées, ou alors successives. Des substituts font la chaîne. Mille et quelques personnages, célèbres ou piètres, fantômes assurément tous, des héros grosse pointure, d'Artagnan, Monte-Cristo, Salvador, des bêtes d'appui, chiens, lièvres, fourmis, rhinocéros, singes, toute une peuplade de figurants, « historiques », « biographiques », mais pourtant interchangeables en ce qu'ils... agissent, dispensent et croisent, sur toujours les mêmes schèmes, l'aventure, la performance, l'incroyable « coup » du sort. Emballement du récit. Un trait en dissimule un autre. Tout et tous se pressent au portillon de la demande. La donne. La collection. Le décalque. Les multiples visages de l'Un. Monnayage, démultiplication. La reproduction infinie de l'être qui écrit. Une filiation ininterrompue du moi, de moi, de l'ensemble des circonstances qui l'ont vu naître à celles qui l'ont vu s'échapper par derrière. Alexandre, tous, de père en fils, y compris le serviteur, l'intendant et la bête, à partir du grand capitaine, le grand-père, celui qui est allé planter le sucre aux Antilles : blanc tu pars, noir tu reviens ! Dumas gigogne : tous les offices - amant, père et fils, cuisinier, dramaturge, conférencier, conteur, journaliste, député, propriétaire, copieur et voyageur dans tous les pays possibles à la fois. Mais écrivain de toutes ses mains. Dumas, l'homme simultané. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre, comme il dit. Le nègre de ses « nègres » a voulu faire main basse sur toute l'Histoire de France et d'ailleurs. Il sillonne le Caucase, les terres d'Astrakan, les bords du Rhin, Naples, Mannheim et la Suisse et Paris, d'autrefois à aujourd'hui, à cette fin principale. Tous les personnages « historiques » de ses livres sont l'émanation du moi biographique. Le « Dictionnaire Dumas » d'Hamel et Méthé démontre au moins, malgré qu'il en ait, cela. Abondance des « Mémoires » signés Alexandre, qui tous débordent de leur cadre - c'est ce que je lis qui me dévore, la matière échappe à la matière -, mais ne dépassent pourtant pas la moitié de sa vie, car grande est aussi sa réserve. Sur les murs du cabinet de travail, au château d'If, impossible prison, de l'autre côté de l'étang, dans le parc de Monte-Cristo, qu'il fit construire à Marly, chaque moellon porte le nom gravé des principaux héros de l'oeuvre. J'écris au-dedans de mon oeuvre. Je suis l'écriture de chacune de mes parties. Leur nom est l'indice pluriel de ce moi que je multiplie. Dumas compulsif, abondant. De cette oeuvre intempérée, figuratrice de qui lui donna vie, dissipatrice et dissimulatrice, nous entendons explorer, ici, le jeu.
Michel Glatigny
Présentation : l'importance des marques d'usage
Alain Rey
Les marques d'usage et leur mise en place dans les dictionnaires du XVIIe siècle : le cas Furetière
Barbara von Gemmingen
Recherches sur les marques d'usage dans le Tesoro de las dos lengvas francesa y española de Cesar Oudin (1607)
Laurent Bray
Les marques d'usage dans le Dictionnaire françois (1680) de César-Pierre Richelet
Brigitte Lépinette
Trois dictionnaires du XVIIe siècle, trois traitements différents de l'étymologie: Richelet (1680), Furetière (1690), Académie (1694)
André Collinot
L'usage des mots, l'institution du sens dans le Dictionnaire de l'Académie
Francine Mazière
Les marques de fabrique. Marquage et marques de domaine dans les dictionnaires classiques, du Furetière (1690) aux Trévoux (1771)
Sonia Branca-Rosoff
Deux éditions du Trévoux, 1732 et 1771 : des dictionnaires jésuites
Jean-Pierre Seguin, Danielle Bouverot, Philippe Caron, Nathalie Fournier, Isabelle Landy-Houillon
Les marqueurs de mauvais usage dans le Dictionaire critique de Féraud
Jacques-Philippe Saint-Gérand
Usage, emplois, stéréotypie dans les éditions du Dictionnaire universel de Boiste : note sur le cas des marqueurs d'usage et leur fonction
Résumés en français
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