Les textes rassemblés dans ce volume de Lexique montrent combien d'énigmes entourent encore le nom propre, pourtant sorti de la marge où l'avait maintenu la tradition depuis les travaux de Georges Kleiber, Michèle Noailly, Kerstin Jonasson et Marie-Noëlle Gary-Prieur.
La question – toujours en débat – de la nature du nom propre est abordée de différents biais : par la traduction commentée du texte d’un grammairien arabe, lecteur avisé de Platon et précurseur de certaines théories modernes (Seyfeddine Ben Mansour) ; par une réflexion, grâce à l’étude de même, sur le rôle du nom propre dans l’affirmation de l’identité (Michèle Noailly) ; par une interrogation sur les " noms de temps ", qui semblent posséder des propriétés caractéristiques du nom propre (Danièle Van de Velde) ; enfin, par une discussion, appuyée sur une prise de position cognitiviste, de la thèse selon laquelle l’essence du nom propre est constitutive de son sens (Walter De Mulder).
En traitant des frontières entre noms communs et noms propres, les autres contributions abordent, en termes plus grammaticaux, la question apparentée de l’opposition entre général et particulier. Deux d’entre elles mettent l’accent sur ce qui les différencie du point de vue du fonctionnement du pluriel (Marie-Noëlle Gary-Prieur) et des conditions d’emploi de autre (Catherine Schnedecker). Les deux autres présentent une série de faits relatifs à la présence du partitif (Nelly Flaux) et aux emplois figurés (Nelly Flaux) ; ces faits, tout en montrant la perméabilité des frontières, donnent une assise supplémentaire à la distinction catégorielle entre les deux classes de mots habituellement rassemblées sous le même chef dans les grammaires anciennes et contemporaines.
INTRODUCTION
CHAPITRE I
Du sens. En général et en particulier
Introduction
1. Référence et existence
1.1. Le paradigme de l'objectivisme
1.2. Le paradigme constructiviste
1.3. Une position trop radicale
1.3.1. Toute réalité est conceptualisée
1.3.2. Stabilité intersubjective
1.4. Monde réel et mondes possibles
1.5. Référence externe
1.6. Pour un réalisme "modulé et donc modéré
2. Référence et sens
2.1. Sens et référence : un couple à séparer
2.2. Le paradigme du sens référentiel
2.2.1. Le sens comme référence virtuelle
2.2.2. Le sens comme mode de donation du référent
2.3. Pour un sens aréférentiel
2.3.1. Contre un sens stable ou conventionnel
2.3.2. Contre le caractère référentiel du sens
2.3.2.1. Un sens différentiel
2.3.2.2. Sur l'objectivité des traits
2.3.2.3. Sens adescriptif et sens schématico-dynamique
2.3.2.4. Contextualisme modéré et radical
2.4. Vers une conception hétérogène du sens
2.4.1. Difficultés des thèses non référentielles du sens
2.4.2. Sens descriptif et sens instructionnel
2.5. Sens et référence : un couple à rabibocher
CHAPITRE Il
Une "polysémique" entrée en matière
Introduction
1. Quelques points d'accord
2. Problèmes de (re)définition
2.1. La polysémie, un artefact de la linguistique
2.2. La polysémie : un cas spécial de catégorisation prototypique
2.2.1. Polysémie et catégorie
2.2.2. Polysémie et ressemblance de famille
2.3. Polysémie : la trace de stabilisations précoces
2.3.1. Refus d'une analyse componentialiste du sens
2.3.2. Formes schématiques
2.3.3." Et la polysémie dans tout ça ?"
2.3.4. Quelques questions subsistent
Première question faut-il "coiffer" les sens polysémiques ?
Deuxième question : n'y a-t-il pas confusion de plans ?
3. La polysémie : un phénomène en expansion
4. La polysémie : régulière ou irrégulière
En guise de conclusion et de prolongement
CHAPITRE III
Entre monosémie et polysémie : les "facettes"
Introduction.
1. Une histoire de facettes sémantiques
1.1. Un concept nouveau.
1.2. Propriétés et caractéristiques
2. De quelques difficultés
2.1. Echec de certains tests
2.2. Combien de facettes ?
3. Vers une autre issue
Conclusion
CHAPITRE IV
Du veau comptable au veau massif : histoires de polysémie
Introduction
1. Polysémie systématique : une description à deux niveaux
1.1. Une double extension
1.2. Une fonction de transfert générale
1.3. Processus de spécification
1.4. Licences lexicales
2. Une approche non unitaire
2.1. Emploi non comptable d'un N comptable et le modèle du "broyeur"
2.2. Massif/comptable : une opposition pertinente à deux niveaux
2.3. Une première application des tests d'ambiguïté
2.4. Une deuxième application des tests d'ambiguïté
2.5. Statut sémantique des N
Conclusion.
CHAPITRE V
Polysémie par déplacement et métonymie intégrée
Introduction
1. Un changement de référent : un phénomène de réfèrence indirecte
2. Un changement de prédicat
2.1. La solution du "transfert de sens" de G. Nunberg (1995)
2.2. Corollaires
2.2.1. Polysémies lexicales
2.2.2. Transfert et analyse sémantique
2.2.3. Métonymie dense et sens général
3. Contre le transfert de prédicat
4. Ni changement de référent ni changement de prédicat
4.1. Le principe de métonymie intégrée
4.2. Application du principe de métonymie intégrée
Conclusion
CHAPITRE VI
Polysémie et zones actives : le cas de commencer un livre (I)
Introduction
1. La notion de zone active
1.1. Définition
1.2. Elle entendit le piano vs elle entendit le son du piano
2. Application au cas de commencer un livre
2.1. Sans changement de sens de commencer : prédicat intercalé ou coercition du SN
2.2. L'analyse de R.W Langacker
2.3. Avantages
2.4. Inconvenients
2.4.1. Une extension abusive de la notion de zone active
2.4.2. Du sens qui a du mal à avoir du sens
2.4.3. Le procès subsiste malgrè tout
2.4.4. Des contraintes révèlatrices
3. Pour en finir (provisoirement) avec commencer
3.1. Vers une solution
3.2. Retour à la case Départ
3.3. Retour vers le futur
CHAPITRE VII
Polysémie et coercition de type le cas de commencer un livre (Il)
Introduction
1. Le problème et quelques réponses
1.1. Où ça commence avec commencer
1.2. Un prédicat intercalé
1.2.1. Les versions fortes : en termes d'ellipse
1.2.2. La version faible : D. Godard et J. Jayez (1993 a et b)
2. La réponse de J. Pustejovsky (1991, 1993 et 1995) la coercition de type
2.1. Les composantes du lexique général
2.2. La coercition de type
2 3. Avantages
2.4. Inconvénients et limites
2.4.1. Une question d'anaphore divergente
2.4.2. Un modèle génératif trop puissant.
2.4.3. Un modèle trop faible
3. Une approche iconique
3.1. SN2 comme argument sémantique
3.2. Modèle temporel
3.3. Modèle non temporel
3.4. Corollaires
3.5. Analyse de quelques cas
4. Et nous conclurons
BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE