Un « impôt sur les imbéciles », une « friponnerie », un « jeu cruel », un « fléau inventé par le despotisme »… Les hommes des Lumières n'avaient pas de mots assez durs pour dénoncer la loterie royale, une institution que tous les Etats européens ont mis sur pied au XVIIIe siècle. Les souverains encourageaient donc la passion du jeu, l'oisiveté... Read More
Un « impôt sur les imbéciles », une « friponnerie », un « jeu cruel », un « fléau inventé par le despotisme »… Les hommes des Lumières n'avaient pas de mots assez durs pour dénoncer la loterie royale, une institution que tous les États européens ont mis sur pied au XVIIIe siècle. Les souverains encourageaient donc la passion du jeu, l’oisiveté, et captaient sans vergogne l’épargne de leurs sujets ? Faire croire que l’on gagne, tandis que l’on perd toujours, n’était-ce pas le propre d’un État corrompu ?
Ou bien doit-on plutôt considérer la loterie royale comme un outil d’ingénierie financière, le fruit d’une nouvelle rationalité publique ? La loterie est incompatible avec le secret de la finance, encore défendu par les doctrines absolutismes du pouvoir. Son succès s’appuie nécessairement sur les gazettes, la publicité, la transparence, tant de la roue de la fortune hissée sur une estrade, que des comptes, car tout soupçon de fraude doit être écarté. Pour la première fois, l’État s’expose à ne pas perdre la confiance du public. Les « calculateurs », — des plus savants, comme d’Alembert ou Condorcet, aux plus aventuriers comme le jacobite John Glover ou le vénitien Giacomo Casanova —, proposent des méthodes de gains qui garantissent un revenu permanent, tandis que la croissance du XVIIIe siècle permet le développement de l’épargne populaire. Voici donc que le hasard, combiné à l’abondance, génère un revenu public, un fonds de trésorerie que tous les souverains convoitent.
Introduction
Corine Defrance
Françoise Knopper
Anne-Marie Saint-Gille
Pouvoirs civil et militaire en Allemagne, 1871 – 1938 Histoire d'une mésalliance ?
Andreas Wirsching
Pouvoir militaire et pouvoir civil dans les colonies allemandes entre 1884 et 1918
Eckard Michels
Quel fut le rôle de la Reichswehr dans l’effondrement de la République de Weimar ? Relations entre pouvoir civil et pouvoir militaire dans les années 1920 et au début des années 1930
Horst Möller
Entre serment sur la constitution et serment au Führer : la reprise sous le Troisième Reich d’un débat datant du Vormärz
Fritz Taubert
Les élites militaires à l'époque du national-socialisme
Bernd Wegner
Polycratie et action extérieure. Les ressorts de l’intervention nazie en Espagne en 1936
Jean-François Berdah
La militarisation de la société est-allemande après 1945
Ulrich Pfeil
Le thème de la paix et son impact sur la société civile est-allemande (1949-1989)
Chantal Metzger
Le réarmement comme vecteur de la reconstruction du pouvoir civil en République fédérale d’Allemagne (1949-1955)
Ruth Lambertz
Les relations complexes entre le SPD et l’armée à l’époque du réarmement et de la guerre froide (1948-1960). Hostilité, acceptation d’un mal nécessaire ou volonté de (ré)conciliation ?
Florent Delporte
Les armes nucléaires, tentation pour la République fédérale d’Allemagne ?
Reiner Marcowitz
À la recherche du passé militaire. La « tradition » en tant qu’interface entre pouvoirs militaire et civil de la fin de la guerre froide à aujourd’hui
Jörg Echternkamp
Quelle place pour le « citoyen en uniforme » dans la nouvelle Bundeswehr ?
Jérôme Vaillant