Cette analyse microscopique des poèmes de D.H. Lawrence dévoile l'hétérogénéité essentielle de sa voix poétique.
Le masque, objet cultuel, religieux, théâtral, est ici forgé en un objet d’analyse poétique par le biais duquel l’on repère les nœuds poétiques où la voix du poète se dit tout en recourant paradoxalement à une autre voix, un autre discours déjà existant. Ces bribes d’intertexte ou de voix empruntées à des personae fonctionnent comme des masques.
En laissant ainsi entrevoir les mécanismes sous-jacents de la voix poétique de Lawrence, la lecture des poèmes par le prisme du masque comme concept esthétique permet de comprendre comment cette voix singulière, bien que souvent considérée comme marginale sur la scène poétique moderniste, s’inscrit toutefois dans un zeitgeist littéraire imprégné des questions de personnalité et d’impersonnalité. Si Lawrence se distingue manifestement de son contemporain T.S. Eliot, dont la « théorie de l’impersonnalité » vise à faire disparaître de sa poésie les émotions du poète, Lawrence exprime le souhait de s’affranchir de la personnalité dans le but singulier de mettre le lecteur et l’homme en général en contact avec l’immédiateté, les émotions, le quick, la substance de l’existence. Cet ouvrage démontre comment les divers masques poétiques (féminins, intertextuels, religieux) répondent de manière inattendue à l’ambition du poète de faire se retirer l’ego de l’espace poétique au profit d’une promotion de la substance vivante.
Abréviations employées
Introduction
Métamorphoses de l'utopie
Reflux du Grand récit socialiste, effacement de l'utopie collectiviste
Renouvellements du roman français contemporain : Antoine Volodine et Olivier Rolin
Roman contemporain et imaginaire social : une approche sociocritique
Première partie
Le meilleur des mondes ?
L’utopie à l’épreuve de l’espace et du temps romanesques
Chapitre 1
Antoine Volodine et la fiction apocalyptique
Un prisme fictionnel complexe : la mise en scène de l’histoire dans le roman volodinien
La réfutation du Grand récit socialiste
Chapitre 2
Olivier Rolin et le « sens » de l’histoire
L’histoire entre répétition et décadence : Phénomène futur
Une histoire polémologique : Méroé
Deuxième partie
Le « passé d’une illusion »
De la déprise du politique à la mémoire du politique
Chapitre 3
Antoine Volodine entre révolution impossible et révolution trahie
Des romans critiques de l’idéologie
Une littérature travaillée par le sentiment de la perte
Chapitre 4
Olivier Rolin : « Paradise lost » ou le deuil impossible de l’engagement
Une énigmatique fidélité : Phénomène futur
Un passé redéchiffré : Tigre en papier
Troisième partie
Des utopistes endeuillés affrontés au présent
Chapitre 5
Antoine Volodine et la communauté « post-exotique »
La polyphonie « post-exotique »
Contre le contemporain
Échapper à une rationalité destructrice
Chapitre 6
Olivier Rolin : itinéraires d’un sujet mélancolique
La naissance problématique d’une identité d’écrivain : Phénomène futur et Bar des flots noirs
L’Invention du monde ou l’écrivain héroïque
De Port-Soudan à Tigre en papier : l’écrivain anachronique
Conclusion
Index
Bibliographie