La tâche urgente de notre époque est de remonter aux fondements du laïcisme. Le débat qui eut lieu en janvier 2004 entre Habermas et Ratzinger, publié dans la revue Esprit, met en évidence le caractère central du problème d'un auto-fondement de l'État démocratique dans le cadre d'une pensée laïque. C'est dans un tel contexte que les réflexions de Guido Calogero s'avèrent déterminantes. Élève de Croce et de Gentile, il se nourrit du néo-hégélianisme italien et épouse son exigence d'une pensée parfaitement immanentiste. Il va plus loin encore et déplace le terrain de la réflexion philosophique : la gnoséologie ne peut que conduire la pensée à retomber dans ces formes métaphysiques qu'il s'agit de dépasser. C'est la volonté qui constitue le véritable principe premier, auto-fondateur. Volonté qui échappe à l'irrationalisme comme à l'intellectualisme si l'on retrouve à sa racine le choix fondamental entre l'égoïsme et l'altruisme, choix omniprésent qui se formule à travers l'impératif du dialogue, le devoir de comprendre l'autre : « Ou bien je veux comprendre les autres, ou bien je veux rester seul avec moi-même ». Ce principe du dialogue est le seul principe indiscutable. Une forme de rationalité pratique post-métaphysique redevient pensable. Et c'est dans ce principe du dialogue que résident les fondements de la démocratie. Calogero tient ce pari de donner un fondement autonome à la démocratie sans pour autant arguer de son caractère purement procédural, puisqu'il nous renvoie à l'intériorité propre à tout sujet. Les droits inaliénables peuvent trouver un fondement non-métaphysique et surtout cette règle du dialogue permet de penser une cohabitation des idées et des cultures qui ne soit pas seulement neutralité bienveillante de la part des institutions, mais participation active des citoyens.
Introduction
Stefan Martens, Steffen Prauser
I. Faire la guerre
Pourquoi une guerre à l'Ouest en 1940 ?
Quelques remarques sur la grande stratégie d’Hitler
Bernd Wegner
« Il faut frapper avant de recevoir un coup mortel ».
La planification militaire allemande en vue d’une entrée en guerre contre la France - 1918-1940
Matthias Strohn
L’échec de la politique néerlandaise de neutralité armée (septembre 1939-mai 1940)
Tobias van Gent
L’évolution des plans et de la préparation de l’armée belge dans les dernières années de l’entre-deux-guerres
Luc De Vos, Eric Bastin
Comprendre la défaite :
« Les forêts des Ardennes sont impénétrables… »
Frédéric Guelton
Invasion 40 – la Belgique face à ses « ennemis de l’intérieur ». Entre peur et impuissance
Emmanuel Debruyne
II. Subir la guerre
L’exode de Belgique
José Gotovitch
L’évacuation des populations luxembourgeoises en mai 1940 en France
Paul Dostert
Un exode forcé : les jeunes des Centres de recrutement de l’armée belge
Alain Colignon, Chantal Kesteloot
Une guerre « correcte » ?
Crimes et massacres allemands à l’Ouest au printemps 1940
Jean-Luc Leleu
La victoire allemande de 1940 comme justification de l’idéologie raciale nazie
Raffael Scheck
Guerre psychologique et propagande en 1940 :
Allemagne - France - Belgique
Albrecht Betz
Comment gérer l’occupation de la Belgique ?
La propagande allemande en 1940
Johannes Schmid
III. Se souvenir de la guerre de 40
La signification de Dunkerque pour les Britanniques
Mark Connelly
La France en 1940 : images des réfugiés
Hanna Diamond
Écrire l’exode. Mai 40 vu par les écrivains belges
Paul Aron
Orientation bibliographique