L'image colorée et lumineuse a joué un rôle important dans la transmission du message chrétien autour de l'an Mil. La beauté s'allie à l’idéal renaissant de la paix et de la justice à travers les illustrations du Codex d’Egbert de Trèves et de... Lire la suite
Le mythe des terreurs apocalyptiques de l'an Mil repris et amplifié par les romantiques a donné du premier millénaire une image sanglante, obscure et partielle. Dans l'univers ottonien, alors centre du monde, ce fut tout un projet de société fondé sur la paix et la justice qui s'élabora. L'Église participa activement à cette réforme en définissant un modèle de société fondé sur l’entraide et le secours mutuel. Elle s’efforça également dans le cadre de la vita apostolica, de valoriser l’action des laïcs afin de les conduire sur le chemin du salut.
Les anecdotes angoissantes de Raoul Glaber ont souvent masqué les images lumineuses données aux « simplices et docti » par des maîtres anonymes dans la peinture, l’architecture et les arts pour la compréhension des Évangiles. Cet enseignement dans son mode opératoire psycho-pédagogique visait à expliquer les mystères de la Foi, les enraciner au cœur des hommes afin de les aider tout au long de leur vie à progresser dans l’espérance de la Résurrection.
L’Evangéliaire de l’archevêque Egbert de Trèves, un manuscrit de la fin du Xe siècle, classé récemment dans la « Memory of the World » en illustrant par des images claires le texte sacré participa de ce mouvement tout autant que les mêmes fresques mise en scène sur les murs de l’église paroissiale de la Reichenau. C’est une véritable renaissance qui se développe accueillant les multiples apports esthétiques et théologiques du premier millénaire latin et byzantin pour ouvrir de nouvelles perspectives dans la transmission de la foi en Europe, y compris sous la forme adaptée du Héliand. L’évangéliaire lillois de Saint-Mihiel (XIe-XIIe siècle) illustre la continuité et l’évolution de cette forme d’enseignement.
L’histoire de la communication s’enrichit ici de l’une de ses plus belles pages et permet d’en faire un paradigme pour traiter des problèmes soulevés par l’utilisation de l’image, pour rejoindre dans une dimension philosophique et spirituelle, la complémentarité du Beau et de la Vérité.
Abréviations utilisées
Table des illustrations
Avant-propos
Introduction
De l'histoire de l'occupation à l’histoire de l’alimentation en occupation
Du ravitaillement à la consommation, entre ruptures et continuités
L’alimentation et ses acteurs
Chapitre 1 – L’entrée en guerre et la fonction nourricière
Le Nord dans la guerre (août-octobre 1914)
Le ravitaillement d’une agglomération
Vers un régime de pénurie (octobre-novembre 1914)
Chapitre 2 – Au secours du Nord occupé
Les pouvoirs publics face à l’urgence
La recherche des secours
Chapitre 3 – Inventer une administration
La création du CANF
Les agents du comité d’alimentation
Chapitre 4 – L'impossible sécurité alimentaire
La précarité des circuits d’approvisionnement
Les finances de la faim
Besoins alimentaires et enjeux sanitaires
L’enjeu de la qualité des produits
Chapitre 5 – Consommer en pénurie
Une affaire de goût(s) et de dégoût(s)
Accommoder la rareté
Pédagogies alimentaires : formation culinaire et éducation nutritionnelle
Chapitre 6 – La sortie de guerre alimentaire
Un héroïsme alimentaire
Un lent retour à la normale ?
Le comité d'alimentation de la guerre à la paix
Conclusion
Annexes
Annexe 1 – Les principaux journaux et témoignages de civils utilisés et leurs auteurs
Annexe 2 – Gérer l’alimentation d’une ville occupée
Annexe 3 – Le ravitaillement et l’alimentation dans quelques chansons d’occupation
Sources et bibliographie
Archives
Bibliographie
Ressources en ligne
Index
Remerciements