Il s'agit ici d'une relecture de deux romans du « premier Perec », parus en 1965 et 1967, que l'auteur concevait comme un diptyque et pour lesquels il aurait souhaité en 1975 une édition commune, dans une collection de poche. Si l'on en croit Georges Perec, son premier roman, Les Choses, était consacré aux « lieux de la fascination mercantile », tandis que le second volet du diptyque, Un homme qui dort, se vouait par contraste aux « lieux de l'indifférence ».
À cette époque, l'auteur n'a pas encore adhéré à l’Oulipo (l’Ouvroir de Littérature potentielle) qui fera, avec sa veine autobiographique, son succès critique. C’est ainsi un Perec moins étudié auquel le volume se consacre pour s’intéresser aux ambitions et aux réussites d’une période où l’auteur soumet son œuvre aux exigences d’un « réalisme critique », emprunté à la sociologie marxiste de Georg Lukacs.
Le volume est composé de sept contributions. Il a fait appel à des spécialistes de l’œuvre de Georges Perec et fait place au témoignage de Paulette Perec, l’épouse de l’auteur à l’époque. Il comporte également une bibliographie exhaustive des éditions et traductions des Choses jusqu’en 1982 (année de la mort de l’écrivain).
Dossier critique
LA CAVALIÈRE ELSA, LE QUAI DES BRUMES
et LE BAL DU PONT DU NORD
de Pierre Mac Orlan
Études réunies par Philippe Blondeau
Bernard Baritaud : Trois romans sous le signe de l'ambiguïté, p. 9
Philippe Blondeau : Dans l’ombre de la guerre, p. 17
Bruno Curatolo : Le fantastique politique dans le roman des années vingt :
autour de La Cavalière Elsa, p. 29
Laurence Motoret : Les deux chevauchées de La Cavalière Elsa, p. 41
Bernard Alavoine : Le Quai des brumes : Mac Orlan entre Carné et Simenon ?, p. 49
Edith Perry : Le Bal du Pont du Nord dans les marges de l’histoire, p. 59
Martine Boyer-Weinmann : Le statut de la voix narrative dans Le Bal du Pont du Nord, p. 69
Stéphane Chaudier : Style et intensité dans la prose de Mac Orlan, p. 79
La revie littéraire
Bruno Curatolo : Benjamin Crémieux, romancier, p. 91
Fanny Déchanet-Platz : Le travail de la terre dans Les Arnaud, Tempête de printemps
et À hauteur d’homme de Jean Proal : le labour du langage, p. 105